Archives Mensuelles: mars 2012

Arnaud Simons est demandé étage 60.

« Etage 53, Recherche et Developpement » annonce la voix cristalline de l’ascenseur. Marcus de la compta et Esther de la communication se poussent pour me laisser sortir, en me saluant. Sur le chemin de mon bureau, je croise Nathanael et Thomas, qui evidemment doivent me parler de sujets terriblement importants, et à qui je dis d’attendre quelques heures que je regle des dossiers urgents. J’arrive devant une porte sur laquelle est fixée une plaque gravée d’un « Arnaud Simons, directeur R&D ». Je passe ma carte devant le lecteur, à gauche de la porte, et cette derniere se déverrouille.

« – Bonjour monsieur Simons, comment allez-vous aujourd’hui?

– Bonjour Jarvis. Qu’est-ce que nous avons de prévu aujourd’hui? »

Pendant que Jarvis, mon assistant virtuel, m’annonce le programme de la journée, je prends place dans mon fauteuil et allume, en touchant de l’index le coin droit du bureau, mon bureau interactif.

« – 10h, rendez-vous avec l’equipe du marketing. 11h30, verification mensuelle des comptes avec la comptabilité. 13h, le representant de PearTech vous presentera un projet de collaboration. 15h visite hebdomadaire des laboratoires. Monsieur Foover souhaite aussi vous voir de toute urgence, mais n’est pas disponible avant 11h.

– Monsieur Foover? Tu n’as pas davantage d’information?

– Non monsieur.

– Bien, annule le rendez-vous avec la compta, en leur presentant mes excuses, et reporte le à demain s’ils peuvent, et informe Monsieur Foover que je passerai dès la réunion avec le marketing terminée. Rappelle moi à 9h50 pour la réunion, si jamais je ne fais pas attention à l’heure. J’ai quelques dossiers à traiter avant d’y aller.

– Tres bien monsieur. »

Il est relativement rare que Monsieur Foover veuille me voir en personne, j’ai généralement à faire avec son vice-president assistant, son deuxième sous-directeur délégué, ou, lorsque le sujet est particulièrement sérieux, avec son vice-president général. Monsieur Foover reçoit rarement pour récompenser, féliciter ou encourager. Et je ne vaux surement pas la peine qu’il abime sa voix pour me remonter les bretelles. Mais la situation des réseaux de transport en commun est telle qu’il doit subir de sérieuses pressions gouvernementales. Avec la centralisation de plus en plus importante des entreprises dans Central District, les centres commerciaux et lieux culturels qui ouvrent en périphérie, l’Aerus commence à être saturé, ce qui fragilise la production et la consommation, et qui ne doit pas etre du gout des hautes autorités. J’ai tout intérêt à maitriser l’ensemble des projets actuels avant de monter au 60e étage…

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Au centre du grand hall, au dessus de Lola (nom choisi avec soin pour l’Hologramme d’Accueil), un immense écran dans le mur vante les

Transrapid

Le Transrapid

qualités de notre entreprise: son implantation historique, son innovation constante, son professionnalisme à tout épreuve, et des images de nos principales innovations viennent appuyer cette argumentation. On voit d’abord s’afficher des images du Transrapid, l’un des premiers trains à utiliser le principe de sustentation magnétique. C’est surement ce principe novateur à l’époque que voulaient mettre en avant les concepteurs de la vidéo, l’apparence exterieure du train n’étant pas aujourd’hui ce qui va convaincre les clients d’acheter nos produits. Ce train, sans roue, flottait à 1 centimètre des rails grâce à une force électromagnétique générée par deux électroaimants placés sous le train qui interagissent avec les barres de fer laminé placées dans les rails. Apparait ensuite à l’écran le successeur du Transrapid, le Monosky. Basé sur le même principe de sustentation magnétique, le Monosky a répondu à l’époque, quelques décennies après le Transrapid, aux problemes de demande importante en énergie que soulevait le Transrapid grace à des panneaux photovoltaïques

monosky

Le monosky

positionnés sur le toit, et des éoliennes positionnés sur les pylônes soutenant l’unique rail sur lequel circule ce métro aérien. Cette fois-ci, le design se rapproche des standards d’aujourd’hui : la technologie y a une part importante. Il s’agit en réalité de l’ancêtre direct de l’Aerus, qui n’est autre qu’un Monosky un peu plus développé à trois niveaux.

Découvrez les transports du futur ! de Consoblog, publié en janvier 2010

Floating Above the City on Rails de Chris Burns publié le 19 avril 2010

La Foover Company

Après 5 minutes de marche, j’arrive au pieds d’un immeuble de plusieurs centaines de mètre de haut, sa largeur se retrecit de part et d’autre à mi-hauteur comme pour donner l’impression qu’il s’élance vers le ciel. Des passerelles, sur lesquelles circulent de petits véhicules, partent des cotés de l’immeuble pour rejoindre les bâtiments avoisinants. Des lettres imposantes en façade indiquent qu’il s’agit de la Foover Company.

La Foover Company. L’une des plus grandes entreprises du monde. Petite entreprise fondée en 1994, il a près d’un siècle, par Georges Foover, elle s’est rapidement imposée dans le monde du transport, developpant des systemes de transports terrestres, aériens, maritimes innovants et bientôt incontournables. Lorsque les autorités économiques ont souhaité développer les transports en communs, ils se sont immédiatement tournés vers cette entreprise, qui est alors devenue la principale entreprise de recherche, developpement et d’exploitation des transports du monde.

C’est aussi l’entreprise où je travaille, ce qui fait la fierté de mes parents. Ils savaient bien sur que je finirai comme cadre supérieur. Ils avaient souhaité, dès que ma mere était tombée enceinte, developper génétiquement mes capacités d’apprentissage, de communication et de gestion, ce qui m’a evidemment poussé à faire des etudes de Gestion Superieure et d’Economie. Mais ils ne pouvaient se douter, meme s’ils l’espéraient fortement, que je finirais par travailler dans une entreprise aussi prestigieuse que la Foover.

ImageDans le Hall de l’immeuble, des ouvribots, ces petits engins volants finissent d’installer les nouveaux systèmes de PRT (Personal Rapid Transit), qui permettront aux employés de l’entreprise de se déplacer dans les différents immeubles de la firme. Ces véhicules, au design simple, peuvent accueillir 4 personnes et circuler sur un certain nombre de chemins prédéterminés. Les passagers indiquent vocalement leur destination, c’est à dire l’immeuble, le niveau, ou le departement, que le PRT atteindra via les passerelles ou en s’accrochant à des fixations murales pour descendre ou monter au sein d’un meme immeuble. Edward Jr Foover, l’actuel PDG, a finalement accepté d’expérimenter au sein de l’entreprise ce nouveau système de transport qui a pour vocation de desservir, via des voies souterraines ou des passerelles l’ensemble des immeubles du Central District, projet que je lui avais présenté il y a quelques mois.
« Des navettes électriques futuristes pour London Heathrow », publié le 10 août 2011 par Heilios
« En vidéo : les premiers véhicules électriques automatiques », publié le 18 février 2009 par Jean-Luc Goudet

L’aerus

Il est déjà tôt ce lundi matin, le soleil eclaire à peine les rues mais je suis loin d’être le seul dans la queue des tapis roulants monumentaux qui, des rues, menent au quai de l’aerus. Apres 5 minutes d’ascension, j’accede au troisième et dernier niveau, esperant que les autres travailleurs matinaux se soient arrêtés aux deux premiers, pressés qu’ils sont de sortir de la foule humaine massée sur les tapis… pour plonger dans celle des quais. Comme tous les matins depuis quelques semaines, la foule est aussi dense que dans les niveaux inférieurs. Les écrans, placés suffisamment haut sur les parois vitrées permettent de patienter en informant des nouvelles réussites des entreprises, des cours de la bourse, et de la construction du nouveau centre commercial de la capitale. Alors que personne n’est encore arrivé au bureau, le travail commence deja, chacun a la tete levée pour essayer de capter les informations qui laissent présager le contenu de la journée. Cet homme là-bas semble plus stressé que ceux qui l’entourent à la vue des cours de la PearTech. Cette femme s’intéresse davantage au nouveau systeme d’intermediatisation. Pour ma part, inutile de lever la tete pour avoir l’esprit ailleurs : la vision de cette marée humaine m’oblige à penser aux différents projets de nouveaux transports qui m’ont été presentés la semaine dernière. Le bruit électrique de l’aerus me fait réagir. L’immense serpent de 3 niveaux de hauteur arrive, se glissant sur sa barre circulaire, suspendue dans le vide. Les portiques vitrés separant les quais du vide et les portes de l’aerus s’ouvrent simultanément, et la foule s’engouffre à l’interieur. L’intérieur, plus spacieux, permet à chacun de trouver sa place et de s’installer confortablement pour les longues minutes qui separent la station du Central District, destination obligée de cette population de cadres. Une musique douce raisonne à mes oreilles et me permet de me relaxer pour arriver au travail dans les meilleures conditions. Je me laisse bercer et avant que je n’aie le temps de m’en rendre compte, l’aerus est déjà arrivé à destination. Il faut avoir de la volonté pour se lever et sortir de ce paradis pour replonger dans la foule, mais cette immersion est heureusement de courte durée.

Je me souviens de la premiere fois où je suis arrivé sur cette place. On se sent immediatement ecrasé par ces géants vitrés, par leur taille mais aussi par le poids des decisions qui sont prises ici, organe central des decisions du monde. Les principales entreprises y ont leur direction, des échanges au nombre de chiffres inconcevables sont finalisés ici. Et chacun des centaines de cadres qui se pressent sur les immenses espaces pavés entre les immeubles est comme une fourmi, avec son role defini, pressé de faire son travail.