L’aerus

Il est déjà tôt ce lundi matin, le soleil eclaire à peine les rues mais je suis loin d’être le seul dans la queue des tapis roulants monumentaux qui, des rues, menent au quai de l’aerus. Apres 5 minutes d’ascension, j’accede au troisième et dernier niveau, esperant que les autres travailleurs matinaux se soient arrêtés aux deux premiers, pressés qu’ils sont de sortir de la foule humaine massée sur les tapis… pour plonger dans celle des quais. Comme tous les matins depuis quelques semaines, la foule est aussi dense que dans les niveaux inférieurs. Les écrans, placés suffisamment haut sur les parois vitrées permettent de patienter en informant des nouvelles réussites des entreprises, des cours de la bourse, et de la construction du nouveau centre commercial de la capitale. Alors que personne n’est encore arrivé au bureau, le travail commence deja, chacun a la tete levée pour essayer de capter les informations qui laissent présager le contenu de la journée. Cet homme là-bas semble plus stressé que ceux qui l’entourent à la vue des cours de la PearTech. Cette femme s’intéresse davantage au nouveau systeme d’intermediatisation. Pour ma part, inutile de lever la tete pour avoir l’esprit ailleurs : la vision de cette marée humaine m’oblige à penser aux différents projets de nouveaux transports qui m’ont été presentés la semaine dernière. Le bruit électrique de l’aerus me fait réagir. L’immense serpent de 3 niveaux de hauteur arrive, se glissant sur sa barre circulaire, suspendue dans le vide. Les portiques vitrés separant les quais du vide et les portes de l’aerus s’ouvrent simultanément, et la foule s’engouffre à l’interieur. L’intérieur, plus spacieux, permet à chacun de trouver sa place et de s’installer confortablement pour les longues minutes qui separent la station du Central District, destination obligée de cette population de cadres. Une musique douce raisonne à mes oreilles et me permet de me relaxer pour arriver au travail dans les meilleures conditions. Je me laisse bercer et avant que je n’aie le temps de m’en rendre compte, l’aerus est déjà arrivé à destination. Il faut avoir de la volonté pour se lever et sortir de ce paradis pour replonger dans la foule, mais cette immersion est heureusement de courte durée.

Je me souviens de la premiere fois où je suis arrivé sur cette place. On se sent immediatement ecrasé par ces géants vitrés, par leur taille mais aussi par le poids des decisions qui sont prises ici, organe central des decisions du monde. Les principales entreprises y ont leur direction, des échanges au nombre de chiffres inconcevables sont finalisés ici. Et chacun des centaines de cadres qui se pressent sur les immenses espaces pavés entre les immeubles est comme une fourmi, avec son role defini, pressé de faire son travail.

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